You’re Gonna Love Picasso (After Schomberg & Staparac), 2020

12” ROCKY™ sculpture en résine, plastiline, polystyrène extrudé, résine, peinture acrylique. Realisée par les Atelier VOX.A, Clarens (CH).

Avec l’autorisation de Schomberg Studios et Boris Staparac.

Deux versions miniatures de la Rocky Statue, dont les originales ont été produites par A. Thomas Schomberg et Boris Staparac sont rassemblées sur un même socle.

Sylvester Stallone, pour le tournage de Rocky III, avait fait réaliser par A. Thomas Schomberg une sculpture monumentale en bronze à l’image de son héros, Rocky Balboa, sise en haut des marches devant le Philadelphia Museum of Art. À l’issue du film, il en avait fait don à la ville de Philadelphie en la laissant à son emplacement. Cependant, les membres du musée, estimant qu’il s’agissait avant tout d’un accessoire de film, la firent déplacer, suscitant un débat public. En effet, la statue de l’underdog devant le musée représente un caractère issu des classes populaires ne fréquentant pas les institutions culturelles. Par ailleurs, Stallone fera dire à son personnage dans les dernières répliques de Rocky V, en parlant du musée à son fils : « Look at this, you know ? I’ve been runnin’ up and down these steps for 20 years. And I never knew there was valuable pictures in this building ». Celui-ci lui répond d’ailleurs : « You’re never too old to learn something new. You’re gonna love Picasso. » La sculpture fut temporairement réinstallée à sa place originelle à l’occasion du tournage de la suite de la saga, avant d’être à nouveau enlevée. Au fil du temps, la sculpture est devenue l’un des symboles de la ville et son intérêt touristique devint indéniable : elle est actuellement visible à sa place définitive, dans le parc du musée.

En 2007, sous l’impulsion d’une association d’habitants, la ville serbe de Žitište inaugura une copie de la sculpture en béton et en bronze de Rocky dans leur espace public. En effet, certains habitants souhaitaient produire un monument ayant la mission d’inspirer la ville, et le boxeur fictif s’est imposé comme une évidence. Après avoir contacté Schomberg et pris connaissance du prix élevé de l’oeuvre originelle, il fut négocié avec les ayant-droits qu’un sculpteur croate, Boris Staparac puisse en réaliser une copie meilleur marché, toujours exposée à ce jour. Le choix du motif a fait débat, certain y voyant l’hégémonie culturelle américaine à l’oeuvre doublée d’une perte d’identité et de repères de la société serbe, alors que d’autres considéraient la sculpture comme un symbole de rédemption par le travail, l’endurance et le dépassement de soi.

La proposition met en regard les deux sculptures : alors que l’une, officielle et en bronze, n’a pas été adoubée par les institutions artistiques de Philadelphie, l’autre, pourtant copie de la première, joue pleinement le rôle d’un monument dans l’espace public serbe. Avec l’accord des ayant-droits, ce travail articule la sculpture de Schomberg acquise auprès de Schomberg Studios (la version 12 inch en résine) et la sculpture de Staparac est quant à elle remodelée en plastiline, à la même échelle et d’après des images disponibles en ligne.

Plus d’informations : Two Rockies and More, texte de Cédric Fauq.

© – Christelle Jornod.

Travail réalisé par l’atelier VOX.A, merci à Schomberg Studios et Boris Staparac, la permanence juridique Artists Rights Genève, Paul Lannes, Marine Kaiser, Cedric Fauq, Florent Merminod, Maxime Testu, Tayeb Kendouci.