Whitey on the Moon
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Great in the concrete, 2022
Mathias Pfund, bronze, béton, 35x25x25 cm, 1/5.
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Great in the concrete propose un geste de basculement : il s’agit de renverser une version réduite de la statue de David de Pury sur sa tête, selon le modèle de la sculpture en marbre représentant le scientifique Suisse Louis Agassiz lors du tremblement de terre à San Francisco en 1906. Cette dernière s’était décrochée de la façade du deuxième étage de l’Université de Stanford pour se ficher la tête la première dans le sol devant l’institution. Cette spectaculaire chute est particulièrement ironique eu égard à certaine de ses théories scientifiques pétries de racisme.
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L’œuvre superpose ainsi le souvenir de deux personnalités neuchâteloises problématiques et joue une certaine fougue iconoclaste, en l’immortalisant cependant dans le bronze. L’intention n’est pas tant de forcer un rapprochement historique entre les biographies de ces deux personnages que de mettre en lumière la syntaxe sous-jacente de leurs représentations sculptées, et par extension celle des « grands hommes » en général.
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Great in the concrete prend pour modèle une copie anonyme miniature de la statue de David de Pury conservée au Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel.
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La statue mesure 35 cm de haut et est prolongée par un socle en béton blanc de 110 cm. La typographie utilisée sur le socle en bronze est intitulée Tribute, dessinée par Frank Heine en 2003, « police Frankenstein » inspirée du travail du français François Guyot, datant du XVIème siècle.
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Si le projet, par ses dimensions modestes, fonctionne métaphoriquement comme le signe d’une note de bas de page afférente à la statue de David d’Angers, la suite du présent texte en constitue le contenu.
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Whitey on the moon
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« Au sens le plus ancien, le plus originel, on entend par monument une œuvre de la main humaine, érigée dans le but précis de garder présent et vivant le souvenir de faits ou de destins humains singuliers (…) dans la conscience des générations ultérieures ». Dérivant du verbe latin monere signifiant « faire penser, faire se souvenir », les monuments s’adressent au présent puisque « la mémoire est un phénomène toujours actuel, un lien vécu au présent éternel » . Le caractère organique de la mémoire collective « toujours portée par des groupes vivants et à ce titre (…) en évolution permanente, ouverte à la dialectique du souvenir et de l’amnésie, inconsciente de ses déformations successives, vulnérable à toutes les utilisations et manipulations, susceptible de longues latences et de soudaines revitalisations » se heurte à celui, autoritaire, figé et permanent, du monument. Ce dernier, rétroactif eu égard aux faits commémorés, constitue en premier lieu une représentation du passé travaillée par les récits dominants de son époque.
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Installée dans l’espace public neuchâtelois depuis 1855, la statue de David de Pury allie valeur commémorative et valeur artistique : d’une part, le bronze entretient le souvenir de ce bienfaiteur aujourd’hui controversé de la ville de Neuchâtel. D’autre part il s’agit d’une sculpture de Pierre-Jean David d’Angers unique en Suisse.
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La pétition du Collectif pour la mémoire, On ne veut plus de statue d’esclavagiste ! Pour que la statue de David de Pury soit retirée, lancée le 09 juin 2020 (deux jours après la manifestation Black Lives Matter à Neuchâtel) et adressée « aux Autorités Fédérales, du Canton et/ou de la Ville de Neuchâtel », rappelle la biographie suivante : « né en 1709 à Neuchâtel, David de Pury a grandement contribué aux constructions et à l’embellissement de la ville. À sa mort à Lisbonne en 1786, « le bienfaiteur » cède sa fortune à la ville d’une valeur de 600 millions de francs actuels. Ainsi, avec son argent, ont été construit l’Hôtel de Ville, un hôpital aujourd’hui bâtiment administratif et diverses écoles (la Promenade, les Terreaux, le Collège latin – l’actuelle Bibliothèque et École supérieur Numa-Droz. On y finance également la déviation du Seyon précédemment sur l’actuelle rue du même nom. (…) David de Pury fait carrière dans la South Sea Company (SSC), à Londres. La SSC pratique le commerce d’esclaves et assied sa fortune sur les accès qu’elle se crée aux ports africains, américains et européens, ouvrant ainsi de nombreuses voies commerciales. Il déménage ensuite à Lisbonne et fonde sa compagnie de négoce de diamants et de bois précieux provenant du Brésil. « Avoir des liens commerciaux avec [le Brésil] impliquait forcément exploiter la main-d’œuvre africaine. Entre 1757 et 1784, la société Purry, Mellish et Devismes détenait le monopole de bois au Brésil. L’extraction a été longtemps assurée par des indigènes, qui furent remplacés progressivement par des esclaves noirs. Dans les mines, seuls les esclaves noirs étaient employés. Les richesses générées par le précieux minerai ne revenaient pas seulement à de Purry et Cie, mais également à une société dont il était actionnaire principal, la Compagnie Générale de Pernambuco et Paraíba (Companhia Geral Pernambuco e Paraíba, abr. CGPP), fortement impliquée dans le commerce triangulaire [le commerce d’esclaves]. En tant qu’actionnaire de la CGPP, David de Pury tirait d’importants revenus du trafic d’esclaves. Les historiens Antonio Carreira et David Eltis estiment que la CGPP a convoyé entre 1760 et 1777 près de 32’000 personnes réduites en esclavage ». Durant la période de 1730 jusqu’à son départ pour Lisbonne en 1736, la Sea South Company, selon les chiffres de Sorbsy, a emmené plus de 25’000 esclaves vers l’Amérique Latine, sans compter les morts durant embarcations et trajets. En tant qu’actionnaire principal de la Compagnie Pernambuco & Paraiba, ayant acheté́ plus de 32’000 esclaves en Angola, il est estimé que David de Pury a été impliqué [de manière] directe et indirecte dans la traite de plus de 55’000 esclaves ». Si la volonté de rendre hommage à David de Pury est énoncée (sans suite) à Neuchâtel dès 1794, c’est en 1844 qu’une souscription publique est lancée pour financer le projet.
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En 1878, Auguste Bachelin (1830-1890) livre la description suivante de la statue : « le bienfaiteur de notre ville est représenté debout, auprès d’un meuble à cases : il tient sa plume de la main droite et de l’autre le testament qu’il vient de signer ; le corps s’appuie sur la jambe gauche, la droite s’avance un peu ; la tête, de face parallèlement à la poitrine, regarde un peu à gauche par légère inclinaison. L’œuvre a une certaine ampleur ; le parallélisme des bras lui donne de la grandeur de geste, mais en revanche l’ensemble est froid. Cette statue a des qualités incontestables, mais elle n’est point de celles que le maître a traitées avec sollicitude : le sujet lui était étranger, il a réalisé une commande et non une œuvre de son inspiration (…) ». La sculpture est fondue en 1849 chez Quesnel à Paris mais inaugurée ultérieurement, le 6 juillet 1855. Ce délai s’explique à cause de retards dans l’aménagement de la place et de luttes de pouvoir imputables au contexte politique de l’époque. La « révolution de Février » en 1848 en France, suivie par celle du 1er mars de la même année en Suisse marque l’instauration de la République de Neuchâtel, qui s’émancipe de la suzeraineté du Roi de Prusse. Le Conseil administratif, nouvelle autorité républicaine, se heurte alors au comité de souscripteurs, composé pour partie de familles bourgeoises ou anoblies par le prince et d’adeptes de l’Ancien Régime. Les rapports entre ces deux entités sont si tendus que le comité se verra révoqué en 1855, quelques semaines seulement avant l’inauguration de la statue. Peu après, l’ensemble des membres du comité refusera symboliquement la médaille commémorative émise par le conseil administratif et frappée par Bovy d’après un dessin du monument par Auguste Bachelin, gage de reconnaissance du travail accompli. Dans l’article Une place et une statue, Elisabeth Crettaz-Stürzel et Madeleine Florey énoncent que les républicains « (…) tiennent cependant aussi au monument. En témoigne la déclaration faite dès 1849 par le nouveau gouvernement : « on sera content de la statue qui a le double mérite d’être fort belle du point de vue de l’art et facile à comprendre. Le costume, la tenue, l’expression, tout est simple. L’expression est excellente » ».
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Sur l’échiquier politique, David d’Angers était un républicain engagé : il s’opposa ouvertement à la monarchie constitutionnelle de Louis-Philippe et devint brièvement député de Maine-et-Loire en 1848. Ses convictions démocratiques n’échappèrent pas au comte James-Alexandre de Pourtalès-Gorgier, banquier neuchâtelois très impliqué dans la réalisation de la statue et fils de Jacques-Louis de Pourtalès. En 1844, il qualifie le sculpteur « d’excellent et très honnête homme quoique un peu républicain ». Curieusement, lors de l’inauguration de la statue, aucune mention n’est faite de l’artiste (ni de son ami architecte Achille Leclère, ayant pourtant établi les dispositions de la Place Pury) et les archives ne permettent pas de savoir s’il a même été invité. En mauvais état de santé, il décédera six mois plus tard, non sans avoir reçu trois médailles commémoratives, une dorée et deux en bronze. À noter encore que la sculpture de David de Pury aurait initialement dû être accompagnée de quatre bas-reliefs en bronze « présentant et exprimant le judicieux emploi que les magistrats de Neuchâtel, ont fait de la fortune Pury ». Ce projet reste sans suite : « (…) Mr David est trop occupé à présent de la chose publique pour s’occuper de son art et comme les bas-reliefs qui doivent orner le piédestal de la statue ne sont pas commencés, que les dessins même n’en sont pas faits, je pense qu’on peut les supprimer sans inconvénients ; ce sera une dépense de moins et je ne crois pas que le monument y perde beaucoup, d’autant plus que je ne suis pas du tout sûr que Mr David réussisse dans ce genre de travail (…) ».
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L’histoire du monument de Pury témoigne particulièrement de l’état d’esprit des élites neuchâteloise de l’Ancien Régime. Dans un premier temps, elles souhaitent concrétiser « le monument que chaque Bourgeois doit désirer voir élever à Monsieur Pury bienfaiteur de notre ville ». Puis, l’instauration de la République bouleverse radicalement le paysage politique : elle marque notamment la fin du népotisme et « [d]es vices de la cooptation (…) patents » sous le régime prussien. La frustration de cette perte générale de privilèges s’exprime à travers la virulence d’une lettre du souscripteur Charles Favarger au plus fort des tensions entre le comité et les autorités républicaines : « est-ce là une administration populaire ? (…) nous sommes en démocratie, ces gens-là ne sont que nos commis… ce n’est pas ainsi que des serviteurs parlent à leurs maîtres » . L’ex-président du comité ad-hoc des souscripteurs, Frédéric de Meuron-Terrisse, militaire, homme politique et dernier Banneret de Neuchâtel, sera l’un des dirigeants de la contre-révolution royaliste des 3 et 4 septembre 1856, à l’issue de laquelle il sera arrêté, emprisonné et mis en exil. Cette insurrection avortée, aussi connue sous le nom d’« affaire de Neuchâtel », a failli mener à une guerre entre la confédération Helvétique et la Prusse. En effet, le roi de Prusse menaça de prendre des mesures militaires après la répression de l’insurrection royaliste. Aussi 30 000 hommes, commandés par le général Dufour, s’échelonnèrent-ils le long du Rhin dès la mi-décembre 1856. La crise fut surmontée grâce à la médiation de l’empereur Napoléon III et le roi de Prusse renonça à ses droits sur Neuchâtel au printemps 1857. Une gravure parue dans L’Illustration en janvier 1857, montre la statue de David de Pury lors du sac de l’imprimerie Wolfrath par les républicains suite à l’impression de tracts monarchistes.
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David de Pury est aussi présent dans l’espace public neuchâtelois à travers un buste, « (…) œuvre d’une exécution facile et vivante » , réalisé par le sculpteur français Aubert Parent et placé dans le péristyle de l’hôtel de Ville depuis 1805. L’artiste, qui se présente en 1794 aux autorités Neuchâteloises comme « architecte et sculpteur pensionnaire de sa majesté le Roi de Prusse, membre de l’académie Royale de Berlin et de l’Université de Bâle » utilise comme modèle pour son buste la peinture de l’irlandais Thomas Hickey (1751-1824). Cette toile, « portrait de grandeur naturelle (…) chère à tous les Neuchâtelois, est placée dans la salle du conseil de commune, à l’hôtel-de-ville de Neuchâtel ; elle a été popularisée par la gravure d’Abraham Girardet ». Un moulage du buste, un calque par Georges Grisel du tableau d’Hickey et un exemplaire de la gravure servent de modèles à David d’Angers.
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En 1980, le Musée d’art et d’histoire de Neuchâtel fait l’acquisition d’une statuette anonyme d’après la sculpture de David d’Angers. En bois et métal peints, elle daterait du milieu du XIXème siècle. Éléments fragiles, la plume et le testament manquent. La description de la fiche d’inventaire indique que son socle renferme « un autel ésotérique » : son centre est « occupé par un petit socle carré, aux quatre coins duquel se trouvent quatre bougeoirs-encriers entourant un espace vide rond, couvert par un couvercle, qui contient quatre bougies usagées et un petit couteau ». Aucune explication satisfaisante entourant son origine ou son usage n’a pu être trouvée à ce jour.
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En 2019 la trace mémorielle de Louis Agassiz, célèbre scientifique aux thèses racistes, s’est vue remise en question dans l’espace public neuchâtelois : le lieu portant son nom devant la Faculté des lettres de l’université a été débaptisé.
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Louis Agassiz est né à Fribourg un siècle après David de Pury, en 1807. Naturaliste, il enseigne à Neuchâtel dès 1832 avant de partir pour Harvard en 1846. « Il se spécialise tout d’abord dans l’étude comparative, enrichie par l’analyse embryologique, des oursins et des poissons fossiles et vivants. Dès 1837 il acquiert une réputation mondiale avec sa « théorie glaciaire ». À la suite d’expéditions alpines largement médiatisées, ses travaux sur le glacier de l’Aar lui permettent d’établir l’existence d’un âge glaciaire préhistorique ». Lorsqu’il émigre aux États-Unis, il jouit d’une audience publique considérable. S’il s’oppose à la pratique de l’esclavage, il postule néanmoins une hiérarchisation des races et un suprématisme blanc. Par exemple sa contribution à l’ouvrage Types of Mankind (1854), un article intitulé Sketch of the Natural Provinces of the Animal World and Their Relation to the Different Types of Man soutient la thèse polygéniste que les différentes zones géographiques du monde ont produit des races humaines et animales distinctes. Agassiz collabore à un autre ouvrage raciste de référence : Indigenous Races of the Earth en 1857 et est l’auteur d’une série de daguerréotypes d’esclaves en 1850 dans la Plantation Taylor à Columbia, en Caroline du Sud. Pour Brian Wallis dans son article Black Bodies, White Science : Louis Agassiz’s Slave Daguerreotypes, Agassiz utilise les photographies comme preuve pour étayer sa théorie de la « création séparée ». Une lettre adressée à sa mère et à un cercle d’amis neuchâtelois en automne 1846 expose la violence de son point de vue raciste. Comme le rappelle l’artiste Sasha Huber, « en 1865, Agassiz participe à une expédition au Brésil, qui renforce encore ses convictions selon lesquelles le « mélange des races », est un mal majeur, et il commande une série de portraits de « races pures » et de « races mélangées » afin de prouver son point de vue, dont on retrouve la trace jusqu’à certains des principaux partisans de l’hygiène raciale nazie, comme Eugen Fischer (1874-1967) ». Il joue également un rôle de précurseur dans l’élaboration d’une ségrégation raciale systématique aux États-Unis.
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Le scientifique est commémoré dans le monde entier : l’avenue et la rue Louis Agassiz à Lausanne et à la Chaux-de-Fonds, l’Agassizhorn dans les Alpes bernoises, les Glaciers Agassiz aux États-Unis (en Alaska et au Montana), en Argentine (dans la province de Santa Cruz), et dans les Terres australes et antarctiques françaises (sur l’île de Grande Terre de l’archipel des Kerguelen), sans oublier le Promontorium Agassiz sur la Lune. La Société des Belles Lettres élève son buste par Charles François Marie Iguel (1827-1897) dans l’université de Neuchâtel en 1887. Un grand portrait peint anonyme se trouve exposé au Musée d’histoire naturelle de la ville.
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Des photos de presse spectaculaires montrent la statue en marbre de Louis Agassiz de l’université de Stanford fichée la tête dans le sol après le tremblement de terre de 1906. Résistant au choc, la sculpture n’a souffert que d’un nez cassé et d’un cou fendu. Après restauration, elle fut remise sur son piédestal, au-dessus des arches du Jordan Hall, bâtiment honorant David Starr Jordan, président de l’institution de 1891 à 1913. Eugéniste notable influencé par les travaux de Louis Agassiz, il rapporte d’ailleurs un célèbre commentaire autour de cet événement : « Louis Agassiz was great in the abstract but not in the concrete ». Il semble que ce soit Jane Stanford (1828-1905) qui ait commandité la statue à l’entreprise florentine d’Antonio Frilli en 1900-1901 : « j’ai donné [à Frilli] une importante commande de bustes et de figures en marbre grandeur nature de certains de nos célèbres hommes d’État, hommes de lettres, d’art et de science pour embellir l’intérieur de la Bibliothèque et l’extérieur des bâtiments ». De facture relativement grossière, Louis Agassiz est représenté en pied tel qu’il apparait sur plusieurs clichés photographiques réalisés entre 1860 et 1870. Debout, il porte un costume, une veste et un nœud papillon. Une chaîne de montre orne le côté droit de sa veste. Sa main gauche tient un livre entr’ouvert. L’index de sa main droite pointe un élément situé en contrebas devant lui, dans une posture savante et autoritaire. Sa jambe droite est avancée, légèrement fléchie. Sur le socle, un gros coquillage repose à côté d’un volume rocailleux incrusté d’un fossile. Ces attributs rappellent son savoir scientifique et ses intérêts pour la géologie, la conchyliologie et la paléontologie. Trois autres statues accompagnent celle d’Agassiz sur la façade du bâtiment : Johannes Gutenberg, Alexander von Humbolt et Benjamin Franklin. Toutes furent installées au même endroit en 1902. En 2020, la statue d’Agassiz fut retirée de la façade de l’université, et le bâtiment fut débaptisé.
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En-dehors de leur lien avec Neuchâtel, établir un rapprochement entre les biographies de David de Pury et Louis Agassiz se révèle périlleux. En revanche, mettre en rapport leurs statues tient de l’évidence : bien que séparées de 50 ans, elles exemplifient une représentation classique réservée aux « grands hommes » et apparaissent formellement interchangeables.
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Pour Annie Duprat, « la notion de « grand homme » renvoie à la définition de quelques figures autour desquelles la Cité peut s’unir, qu’elle peut exalter et dont elle se fait obligation de conserver – voire d’héroïser – la mémoire ». Emmanuel Fureix, rapportant les propos de Jacqueline Lalouette énonce que « les statues de grands hommes sont un symptôme du XIXème siècle (…) : un savant mélange de gloire, d’exemplarité, de civisme, de patriotisme, d’orgueil local et de kitsch. [En France] le culte des grands hommes [dont les Vies de Plutarque constituent un modèle], préexiste à la Révolution, mais leur statufication à des fins de pédagogie civique prend toute son ampleur au cours du siècle postrévolutionnaire et atteint son apogée avec la Troisième République. (…) De fait, l’apogée du système statuophile (fin XIXème siècle, début XXème siècle) coïncide avec sa plus forte critique, sous le terme de « statuomanie », pour des raisons qui ne relèvent pas que d’esthétique, mais aussi d’une perte de sens ». Maurice Agulhon parle à ce propos d’une tradition de dénigrement, de dérision, voire de canular aux dépens du « grand homme » de bronze et rappelle notamment la souscription publique de 1913 collectée pour statufier Hégésippe Simon, « un grand citoyen purement imaginaire, pour la statue de qui quelques dizaines de députés républicains souscrivirent de confiance, avant d’être ridiculisés par la révélation du piège (…) ». « Les ténèbres s’évanouissent quand le soleil se lève » ; notant la lumière en plein jour, la devise de ce « précurseur » et « éducateur de la démocratie », version narquoise de la locution latine « post tenebras lux », appelle tout de même de ses vœux la lumière d’une nouvelle aube.
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Mathias Pfund
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Mise en page : Tayeb Kendouci | Typographie: Tribute, Frank Heine, 2003 | Remerciements à Alexandra Romy, Aline Martins, Martello, Cassiane Pfund, Caroline Bourrit, Caroline Hotte, Chonja Lee, Claire Brizon, Cédric Fauq, Chantal Lafontant-Vallotton, Claude-Hubert Tatot, David Chojnacki, David Lemaire, Denis Pourawa, Faisal Mah, Frederic Elsig, Hans-Jörg Staub, Izabel Barros, Jean-Pierre & Joëlle Pfund, Juliette Colomb, Lisa Junod, Marc Calame, Marie Gaitzsch, Marine Kaiser, Marilou Thiébault, Mylène Steity, Nathalie Ljuslin, Nathan Solioz, Nessim Kaufman, Noémi Michel, Paul Hutzli, Pierre Leguillon, Ruth Noemi Bendel, Sara Petrella, Sebastien Verdon, Segen Tezare, Tarek Lakhrissi & Tayeb Kendouci. Merci également au Collectif pour la Mémoire.
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Bill Troop réagit à un texte de Jon Downer accompagnant la publication de Tribute chez Emigre. Le texte de Bill Troop est consultable sur le site de Luc Devroye. Voir [en lien].
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Aloïs Riegl, Le culte moderne des monuments, éditions Alia, Paris, 2016, p. 9.
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Pierre Nora, Les lieux de mémoire, tome 1, Paris, Gallimard, coll. : « Bibliothèque illustrée des histoires », 1984, pp. 24-25.
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Pierre Nora, Op. cit., pp. 24-25.
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En 1986, le texte de Louis-Edouard Roulet publié dans David de Pury 1709-1786 établit un lien entre son activité commerciale et la traite des Noirs. À ce propos, l’auteur énonce l’écueil d’un jugement anachronique : l’expression d’une condamnation du passé à l’aune de sensibilités morales contemporaine sans chercher à « situer les problèmes dans leur contexte historique et leur environnement social ». Voir Louis-Edouard Roulet, David de Pury 1709-1786, Gilles Attinger, Neuchâtel, 1986, p. 57. Pour Gilles Forster « il est plus que probable que de nombreux Neuchâtelois aient acquis des actions de (…) compagnies [à charte, actrices incontournables du commerce d’esclaves]. Activité normale, placement anodin, la traite fait indéniablement partie de l’économie et de la finance de son temps ». Voir Gilles Forster, Neuchâtel, l’esclavage et la traite négrière : entre mémoire refoulée et histoire occultée in Donatella Bernardi & Noémie Etienne (Hgs.), Eternal Tour 2009, Neuchâtel, p. 69.
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David d’Angers prit le nom de sa ville natale pour éviter la confusion avec son contemporain, le peintre Jacques-Louis David. Son œuvre de statuaire civique monumentale fait la part belle aux « grands hommes », bienfaiteurs de l’humanité, et célèbre le souvenir de leurs exploits. Parmi ses plus célèbres œuvres, il réalisa le fronton du Panthéon en 1830.
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En outre, il fut anobli baron par le roi de Prusse en 1785. Voir Frédéric Inderwildi, « Pury, David de », in Dictionnaire historique de la Suisse (DHS). La famille De Pury fut agrégée à la noblesse prussienne par un diplôme de Frédéric Ier du 16 novembre 1709, avec la distinction d’ajouter dans l’écusson de leur armoirie un chef d’argent à l’aigle issante de sable, emblème prussien. Voir Olivier Clottu, L’aigle prussienne dans les lettres de noblesse et d’armoiries concédées par le Roi de Prusse à des Suisses, Archives héraldiques suisses n°95, 1981, p.45.
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Propos d’Izabel Barros in Emmanuel Gehrig, David de Pury : l’embarrassant bienfaiteur, in Passé simple, mensuel romand d’histoire et d’archéologie, nr. 29, novembre 2017.
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Pétition du Collectif pour la mémoire, On ne veut plus de statue d’esclavagiste ! Pour que la statue de David de Pury soit retirée, lancée le 09 juin 2020 sur Change.org et déposée à la Chancellerie de Neuchâtel le 17 juillet 2020. Voir [en lien] ↩
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À ce propos, la date inscrite sur le socle du monument est erronée : MDCCXLIII devrait être MDCCXLIV.
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Auguste Bachelin, Iconographie neuchâteloise ou Catalogue raisonné des tableaux, dessins, gravures, statues, médailles, cartes et plans, relatif du canton de Neuchâtel, Wolfrath et Metzner, 1878, pp. 254-255.
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Maurice Jeanneret, L’érection difficile du monument de Purry, Musée neuchâtelois, 1955, p. 156.
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Elisabeth Crettaz-Stürzel et Madeleine Florey, Une place et une statue in Passé simple, mensuel romand d’histoire et d’archéologie, 2020/59, p. 22.
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En 1851, lors du coup d’état de Napoléon III, il fut arrêté et condamné à l’exil.
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Jacques-Louis de Pourtalès (1722-1814) « fonda en 1753 avec Claude-Abram Du Pasquier la société Pourtalès et Cie. Elle s’occupait du commerce des indiennes et ouvrit comptoirs et entrepôts dans toute l’Europe, en Inde et aux Antilles (plantations de café et de sucre à la Grenade). Doté d’un sens des affaires hors normes, travailleur infatigable, grand voyageur, il traversa les différents régimes politiques sans encombre, passant du négoce à la banque d’affaires. Le « roi des négociants » amassa une fortune colossale dont il consacra une partie à la création d’un hôpital pour les pauvres à Neuchâtel, qui porte toujours son patronyme ». Voir Myriam Volorio Perriard, « Pourtalès, Jacques-Louis de » in Dictionnaire historique de la Suisse (DHS). « En 1771 il achète en compagnie de Johan Jakob Thurneysen (1729-1784). Un industriel de Bâle, des plantations sur l’île de Grenade, colonie anglaise située dans les Antilles. Les deux plus grandes sont « Clavier » et « Larcher », qui emploient chacune environ 160 esclaves ; si l’on se réfère aux plantations recensées dans les Antilles françaises au XVIIIe siècle, on peut considérer qu’il s’agit de grands domaines ». Voir Thomas David, Bouda Etemad, Janick Marina Schaufelbueh, La Suisse et l’esclavage des Noirs, Editions Antipodes et SHSR, seconde édition, 2020, p. 56.
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Maurice Jeanneret, Op. cit., p. 99.
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Maurice Jeanneret, Op. cit., p. 156.
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Lettre d’Achille Leclère à H. Chatonay, 27 juin 1846 cité in Maurice Jeanneret, Op. cit., p. 104.
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Lettre du comte de Pourtalès-Gorgier à Meuron-Terrisse, 22 décembre 1847 cité in Maurice Jeanneret, Op. cit., p. 108.
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Manuel du Conseil, vol. 36, p. 483 cité in Maurice Jeanneret, Op. cit., p. 98.
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« La Constitution [de 1848] limite fortement l’autonomie des communes et abolit tous les privilèges et franchises de l’ancien droit coutumier. Les principales victimes de la révolution sont les bourgeoisies et certaines communes, ainsi que le pouvoir ecclésiastique ». Voir Jean-Marc Barrelet, « Neuchâtel (canton) » in Dictionnaire historique de la Suisse (DHS). Jean-Pierre Jelmini précise que l’ancienne Bourgeoisie, officiellement éteinte avec l’instauration de la République, sera définitivement déboutée de tous ses droits en 1875 par le jugement du Tribunal fédéral. Voir Jean-Pierre Jelmini, Neuchâtel 1011-2011: mille ans – mille questions – mille et une réponses, G. Attinger, Neuchâtel, 2010, p. 63.
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Philippe Henry, Jean-Pierre Jelmini (dir.), Histoire du pays de Neuchâtel, t. 2, De la Réforme à 1815, Hauterive, 1991, p. 79.
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Lettre de Favarger à Meuron-Terisse, 23 décembre 1854 cité in Maurice Jeanneret, Op. cit., p. 149.
Charles-Louis Favarger (1809-1882), avocat et notaire, membre des conseils de la ville de Neuchâtel avant son départ pour l’Amérique. Il dirige de 1846 à 1852 la colonie Alpina créée avec Philippe Suchard dans l’Etat de New York: « l’acquisition de cette contrée a été faite par MM. [Philippe] Suchard et [Charles-Louis] Favarger, en leur nom et en celui des capitalistes neuchâtelois et fribourgeois, sous la raison sociale Suchard, Favarger et Cie, d’Alpina. Le but de cette société est l’exploitation de minerai de fer qui abonde à Alpina, et la conversion des vastes forêts qui couvrent le sol, en terres labourables, au moyen de la vente des susdites terres à des colons » Voir Anne-Françoise Schaller-Jeanneret: « Favarger, Charles » in Dictionnaire historique de la Suisse (DHS) et Philippe Suchard, Charles Vicarino, Charles-Louis Favarger, Notice sur Alpina : terres situées dans les comtés de Jefferson et Lewis, État de New-York, Imprimerie H. Wolfrath, 1847, Neuchâtel, p. 4.
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Voir Rita Stöckli, « Neuchâtel, affaire de » et Hans Senn, « Service actif » in Dictionnaire historique de la Suisse (DHS).
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Curieusement, les rectangles monochromes noirs représentés sur le socle de la statue semblent vouloir évoquer les bas-reliefs en bronze jamais réalisés.
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Auguste Bachelin, Op. cit., p. 254.
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Lettre d’Aubert Parent à destination des Quatres Ministraux, 22 septembre 1804. Archives communales de Neuchâtel, Travaux publics, Monument, David de Pury – Constructions P. N° 13 case 3, p. 13.
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Auguste Bachelin, Op. cit.. 252.
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Fiche d’inventaire, n°AA 1980.31, Mahn.
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Cet espace honore désormais Tilo-Frey, première Neuchâteloise et suisso-camerounaise élue au Parlement fédéral de 1971 à 1975 et membre du Parti radical-démocratique (PRD) – ancêtre du Parti Libéral Radical (PLR).
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Marc-Antoine Kaeser, « Louis Agassiz » in Pierre-André Taguieff, Dictionnaire historique et critique du racisme, Paris, Presses Universitaires de France, p. 25.
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Pour plus d’informations sur sa biographie, voir la version française en ligne de l’exposition « Gletscherforscher, Rassist : Louis Agassiz (1807–2013) » Hans Fässler, Hans Barth, Hannah Traber, Sasha Huber.
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« En 1863, il recommande ainsi aux autorités de l’Union de concentrer les esclaves affranchis dans certaines zones des états du Sud, afin d’éviter les conséquences selon lui néfastes de la contamination réciproque des races blanche et noire ». Voir la notice biographique de Louis Agassiz sur le site de l’université de Neuchâtel.
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David Starr Jordan, Days of a Man: Being the Memories of a Naturalis, Teacher and Minor Prophet of Democracy, Vol. 2, 1920-1921 (Yonkers-on-Hudson: World Book Company, 1922), p. 173.
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Antonio Frilli (1835-1902) était un sculpteur florentin. Le cartel du Cantor Arts Center à propos de son œuvre Minerva Giustiniani (c.1890), énonce que son entreprise, créée en 1860, était internationalement reconnue pour ses répliques de statues célèbres.
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Lettre de Jane Stanford à Andrew Dickson White (19 Mai 1901), SC0033B_s1_b02_f04_i025 in Reports of the advisory committee on renaming Jordan Hall and removing the statue of Louis Agassiz, 14 Septembre 2020, p. 57.
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Aucune source consultée ne permet malheureusement d’identifier le titre de l’ouvrage.
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Une médaille frappée en 1875 à l’hôtel des monnaies de Philadelphie représentant le naturaliste porte l’inscription suivante : Terra mari que ductor indicatione naturae (« À travers les terres et la mer, il nous conduit en expliquant la nature »). Voir Auguste Bachelin, Op. cit., p. 178.
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Susan Wels, The Art of History in Sandstone & Tile, Winter 2013, vol. 37, nr. 1, p. 16.
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Selon Elena Danielson, Archivist Emerita à l’Univeristé de Stanford, et Oleg Lubykin sculpteur et restaurateur (ayant notamment recréé en 2013 à partir d’images d’archives les sculptures de Gutenberg et Franklin, manquantes depuis 1949) contactés par courrier électronique, la sculpture est actuellement encaissée et stockée sur le campus, dans le département d’archéologie. Le rapport du comité consultatif pour le retrait de la statue propose qu’elle soit relocalisée au Cantor Art Center ou dans un autre espace du campus où elle pourrait être exposée en compagnie de documents explicatifs sur la vie et les positions d’Agassiz et sur l’histoire de la statue à Stanford. Voir Reports of the advisory committee on renaming Jordan Hall and removing the statue of Louis Agassiz, 14 septembre 2020, p. 41.
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David Starr Jordan, auteur de The Blood of the Nation: A study of the decay of races, through the survival of the unfit (1901), présida la première organisation eugénique des États-Unis, une section de l’American Breeders Association en 1906 et influença la première loi américaine sur la stérilisation forcée promulguée en Indiana, suivi par celle de l’état de Californie en 1909. En 1928, il fit partie du premier conseil d’administration de la Human Betterment Foundation, organisation eugénique préconisant une législation sur la stérilisation obligatoire aux États-Unis. « Environ 60 000 personnes furent ainsi stérilisées, en majorité des femmes jeunes. (…) Les lois de stérilisation visaient (…) les « personnes socialement inaptes » : « (1) les débiles mentaux ; (2) les fous; (3) les criminels (y compris les délinquants et les dévoyés); (4) les ivrognes; (5) les malades (tuberculeux, syphilitiques…)… ; (7) les aveugles; (8) les sourds; (9) les difformes; (10) les individus à charge (y compris les orphelins, les bons à rien, les gens sans domicile…) ». Le mode opératoire était la vasectomie ou la salpingectomie, plus rarement la castration (Utah, Kansas). L’application des lois de stérilisation varia selon les États : elles furent appliquées dans les asiles financés par les fonds publics, et ont surtout touché les pauvres, les femmes jeunes et les minorités ethniques ».Voir Dominique Aubert-Marson, Les politiques eugénistes aux États-Unis dans la première moitié du XXe siècle in Médecine/Science n° 3, vol. 21, mars 2005, pp. 321-322. Le mouvement eugéniste américain bénéficia du financement de part de la Carnegie Institution, de la Rockefeller Fondation, du géant du chemin de fer Edward Henry Harriman et également du docteur John Harvey Kellogg (inventeur des « Corn Flakes »). Voir Julie Vézina, Les politiques de stérilisation sexuelle au Canada et aux États-Unis : une pratique à l’intersection de rapports de genre, de race et de classe, mémoire de master à l’université de Montréal, Département de sociologie Faculté des arts et des sciences, avril 2010. « De 1907 à 1940, 35 États des États-Unis, deux provinces canadiennes, l’Allemagne, l’Estonie, le Danemark, la Finlande, la Norvège, la Suède et la Suisse promulguent des lois de stérilisation, volontaire ou forcée, visant l’élimination de traits considérés comme des maladies héréditaires (déficience mentale, la déviation sexuelle, …) ». Voir Laurence Perbal, Génétique humaine et eugénisme anglo-saxon au début du 20ème siècle ou comment la génétique réclame son indépendance in Bulletin d’histoire et d’épistémologie des sciences de la vie, 2011/1 (Volume 18), p. 49. Le canton de Vaud promulgue une loi en 1928, la première en Europe, favorable à la stérilisation de certains éléments de sa population. « Il s’agissait d’introduire une disposition permettant au Conseil de santé de décider la stérilisation de certaines personnes anormales » ; de porter « atteinte à l’intégrité corporelle des individus ». Les motifs alors évoqués devant le Grand Conseil vaudois étaient l’« hygiène sociale préventive ». (…) La pratique est privée dans les cantons de Genève et Neuchâtel, inexistante dans les cantons de Fribourg et Valais ». Voir Jacques Gasser, Geneviève Heller et Gilles Jeanmonod, Dégénérescence de l’eugénisme ? Autour de la stérilisation non volontaire en Suisse romande durant le 20ème siècle in Bulletin des médecins suisses / 2001; 82: Nr. 3, p. 77.
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Maurice Agulhon énonce que « la statue type du grand homme au XIXème siècle le représente de pied en cap (c’est une « figure »), vêtu comme il l’était en son temps (la nudité ou le drapé romain disparurent assez vite), à cheval, debout, ou assis, selon sa fonction ; le tout posé sur un socle parallélépipédique dont les quatre faces verticales, vrais tableaux d’affichage, portent des inscriptions, ou des bas-reliefs d’appoint ». Voir Maurice Agulhon, Nouveaux propos sur les statues de « grands hommes » au XIXème siècle in Romantisme, 1998, n°100, p. 13. Le piédestal est d’ailleurs souvent plus haut que la statue elle-même, permettant de la rendre visible de loin.
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Annie Duprat, Thomas W. Gaehtgenset, Gregor Wedekind (dir.), Le culte des grands hommes 1750‑1850, Paris, Éditions de la Maison des Sciences de l’Homme in Annales historiques de la Révolution française 363, janvier-mars 2011, p. 191.
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Emmanuel Fureix, Jacqueline LALOUETTE, Un peuple de statues. La célébration sculptée des grands hommes (1804-2018) in Revue d’histoire du XIXème siècle, Société d’histoire de la révolution de 1848 et des révolutions du XIXème siècle, 59 | 2019, pp. 246-249.
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Maurice Agulhon, La statue de grand homme. Critique politique et critique esthétique in Mil neuf cent. Revue d’histoire intellectuelle, 2003/1 (n° 21), p. 19.
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Guy Breton, Hégésippe Simon, précurseur de la démocratie in Historama, no 47, janvier 1980, pp. 111-115.
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Bibliographie
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Ouvrages
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DAVID, Thomas, ETEMAD, Bouda, SCHAUFELBUEH, Janick Marina, La Suisse et l’esclavage des Noirs, Editions Antipodes et SHSR, seconde édition, 2020.
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Articles
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AUBERT-MARSON, Dominique, Les politiques eugénistes aux États-Unis dans la première moitié du XXème siècle in Médecine/Science n° 3, vol. 21, mars 2005.
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BRETON, Guy, Hégésippe Simon, précurseur de la démocratie in Historama, no 47, janvier 1980.
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FUREIX, Emmanuel, Jacqueline LALOUETTE, Un peuple de statues. La célébration sculptée des grands hommes (1804-2018) in Revue d’histoire du XIXème siècle, Société d’histoire de la révolution de 1848 et des révolutions du XIXème siècle, 59 | 2019.
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GASSER, Jacques, HELLER, Geneviève et JEANMONOD, Gilles, Dégénérescence de l’eugénisme ? Autour de la stérilisation non volontaire en Suisse romande durant le 20ème siècle in Bulletin des médecins suisses / 2001; 82: Nr. 3.
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KAESER, Marc-Antoine, « Louis Agassiz » in Pierre-André Taguieff, Dictionnaire historique et critique du racisme, Paris, Presses Universitaires de France.
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Ressources internet
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Pétition du Collectif pour la mémoire, On ne veut plus de statue d’esclavagiste ! Pour que la statue de David de Pury soit retirée, lancée le 09 juin 2020 sur Change.org et déposée à la Chancellerie de Neuchâtel le 17 juillet 2020. Voir [en lien], consulté le 22.08.2022.
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La notice biographique de Louis Agassiz sur le site de l’université de Neuchâtel. Voir [en lien], consulté le 22.08.2022.
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Version française en ligne de l’exposition « Gletscherforscher, Rassist : Louis Agassiz (1807–2013) » Hans Fässler, Hans Barth, Hannah Traber, Sasha Huber. Voir [en lien], consulté le 22.08.2022.
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Cartel de l’œuvre Minerva Giustiniani (c.1890), par Antonio Frilli (1835-1902) rédigé par le Cantor Arts Center. Voir [en lien], consulté le 22.08.2022.
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Reports of the advisory committee on renaming Jordan Hall and removing the statue of Louis Agassiz, 14 septembre 2020. Voir [en lien], consulté le 22.08.2022.
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Archives
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Lettre d’Aubert Parent à destination des Quatres Ministraux, 22 septembre 1804. Archives communales de Neuchâtel, Travaux publics, Monument, David de Pury – Constructions P. N° 13 case 3.
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Statue anonyme de David de Pury d’après David d’Angers en bois et métal peints., fiche d’inventaire, n°AA 1980.31, Mahn.